The Reveal : que peut-on gagner dans ce Tournoi ?

The Reveal : Prix du Tournoi 1 et Guide

The Reveal, la troisième étape vers la libération de la Box qui conditionne notre façon de concevoir la réalité. Que peut-on gagner dans ce Tournoi ?

Le 9 décembre, The Reveal a officiellement débuté : c’est la troisième étape de votre voyage personnel à la découverte d’une réalité pure et authentique, libérée des limites que la Box vous impose depuis des années et influençant et modelant vos choix les plus importants.

Notre mission sera de vous soutenir sur ce chemin spécial, en vous guidant vers la révélation de la réalité au-delà des apparences qui façonnent depuis toujours l’idée de la finance personnelle. L’objectif final ? Votre liberté financière. Jetons un coup d’œil aux prix, car il y a beaucoup de choses à voir !

Un double concours : Championnat et Tournoi

Nous le répétons encore une fois, au cas où vous auriez manqué ce détail fondamental : The Reveal s’articule autour de deux voies parallèles, à savoir le Championnat et les Tournois. Si vous ne connaissez pas encore leur fonctionnement, vous trouverez toutes les informations nécessaires ici :

Cet espace est dédié aux tournois individuels. Aujourd’hui, zoom sur le deuxième tournoi, qui a débuté le 23 décembre et se terminera le 5 janvier. Une fois terminé, nous mettrons cet article à jour avec les détails du prochain Tournoi. Garde donc cette page précieusement en favori. Tu trouveras d’ailleurs les Tournois précédents plus bas : regarde un peu ce que tu as raté !

Tournoi Tech Mania : 23 décembre – 5 janvier

Ce deuxième Tournoi met à l’honneur un élément que nous adorons chez Young Platform. Et non, cette fois, on ne parle pas de Bitcoin ! Comme tu l’as sûrement deviné, le fil rouge des récompenses, c’est la technologie.

Dans un monde qui va si vite, il faut les bons outils pour suivre le rythme : imagine courir un 100 mètres en tongs… Compliqué, c’est le moins qu’on puisse dire. Alors, pour reprendre le titre de l’article : qu’est-ce qu’on gagne ?

Pour le Tech Mania, nous avons mis en jeu cinq superbes prix :

  • 3 iPhone 17
  • 2 MacBook Air 13

Petit rappel : il te suffit de récupérer un seul ticket pour participer au tirage au sort final. Cependant, mathématiquement parlant, plus tu accumules de Tickets, plus tu as de chances d’être tiré au sort. Chaque ticket possède un code unique qui servira à désigner les gagnants.

Encore là ? Fonce sur l’appli Young Platform, complète les Missions, gagne des Gemmes et collectionne un maximum de Tickets : tes concurrents sont déjà en train de les ramasser à la pelle !

On se retrouve sur cette page dans deux semaines pour dévoiler les prix du troisième Tournoi. Bonne chance !

Tournoi Taste of Luxury : 9 décembre – 23 décembre

Le premier Tournoi a pour objectif de vous faire entrer dans la course dès le début, afin d’accumuler un avantage sur vos concurrents. Les prix, comme vous pouvez le deviner d’après le titre du paragraphe, sont liés au luxe.

Les récompenses de ce Tournoi sont en effet super précieuses : si vous êtes tiré au sort, vous gagnerez l’un des Bracelets Tennis Extensibles en Diamants noirs. Or blanc, diamants sombres et un design intemporel : chaque détail parle le langage de l’élégance.

Rappel : pour participer au tirage final, il vous suffit de récolter un seul Ticket. Cependant, pour des raisons purement mathématiques, plus vous accumulez de Tickets, plus vous aurez de chances d’être tiré au sort. Chaque Ticket possède en effet un code unique avec lequel les gagnants seront identifiés.

Encore là ? Courez sur l’application Young Platform, complétez les Défis, gagnez des Gemmes et collectionnez autant de Tickets que possible !

On se voit ici dans deux semaines. Bonne chance !

Réunion de la BCE de décembre 2025 : les résultats

Réunion BCE décembre 2025 : résultats et taux d'intérêt

La BCE s’est réunie le 18 décembre pour décider des politiques monétaires de la zone euro : qu’est-il advenu des taux d’intérêt ? Voici les résultats.

La réunion de la Banque centrale européenne du jeudi 18 décembre 2025 a vu les membres du Conseil des gouverneurs se rassembler pour discuter, entre autres, des politiques monétaires de la zone euro. Sur la table, les décisions relatives aux taux d’intérêt. Que s’est-il passé ?

Réunion de la BCE : quel est le contexte économique ?

La dernière réunion de la BCE en 2025 s’est déroulée dans un contexte économique complexe, où l’incertitude quant à l’avenir règne en maître, entre l’imprévisibilité de Donald Trump et les guerres qui semblent destinées à durer encore un peu. Les principaux thèmes ont porté sur la croissance économique, fortement conditionnée par les tarifs douaniers, et sur l’inflation, à 2,2 % selon le dernier relevé — soit 0,1 % de plus que les prévisions. Voyons en détail ce qui a été décidé.

La BCE laisse les taux d’intérêt inchangés

Jeudi 18 décembre, Francfort. Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne a communiqué sa décision en matière de politique monétaire pour la zone euro. Comme l’ont prévu la majorité des analystes, la BCE a décidé de maintenir ses trois taux d’intérêt directeurs inchangés. Par conséquent, le taux de la facilité de dépôt reste stable à 2 %, le taux des opérations principales de refinancement à 2,15 %, tout comme le taux de la facilité de prêt marginal à 2,40 %.

Les motivations derrière ce choix

La BCE a expliqué que cette décision était guidée par le fait que le processus de désinflation est conforme aux attentes et devrait se stabiliser autour de l’objectif de 2 % à moyen terme. Comme nous l’avions anticipé, le dernier relevé a montré une inflation dans l’Union européenne s’établissant à 2,2 %, légèrement supérieure aux objectifs fixés par le Conseil des gouverneurs.

L’économie de la zone euro a fait preuve de résilience face aux chocs récents qui ont frappé le marché mondial. Selon le communiqué officiel, « la croissance économique devrait être plus soutenue que les projections de septembre, tirée notamment par la demande intérieure ». Suite à une révision à la hausse, elle s’établirait à 1,4 % en 2025, à 1,2 % en 2026 et à 1,4 % en 2027, niveau auquel elle devrait se maintenir en 2028 ».

Avec cette réunion, la BCE confirme sa trajectoire

La réunion de décembre 2025 de la BCE a décrété le maintien des taux d’intérêt aux niveaux d’octobre : c’est la quatrième réunion consécutive à aboutir à ce résultat. Malgré un contexte mondial très confus, l’inflation continue de résister et la Banque Centrale signale un optimisme prudent : avec cette décision, elle confirme sa trajectoire future. Les semaines à venir seront fondamentales pour déterminer si les données confirment le scénario actuel et quelle sera la prochaine décision de l’Eurotower.

La prochaine réunion est prévue les 4 et 5 février 2026 : que décideront les membres du Conseil des gouverneurs ? Pour ne pas manquer les prochaines réunions, jetez un œil à notre calendrier de la BCE pour 2026 — dans tous les cas, nous serons là pour les commenter.

Perspectives d’avenir

Maintenir les taux d’intérêt bas est une mesure de politique économique expansive qui vise à soutenir la croissance en réduisant le coût de l’argent : les entreprises peuvent emprunter plus facilement, produisent davantage de richesses et l’économie en bénéficie. Lorsque l’argent coûte moins cher, les marchés boursiers en profitent également, car les taux bas stimulent la circulation du capital. D’un côté, les entreprises demandent plus facilement de l’argent prêté, ce qui leur permet de disposer de plus de marge pour des opérations financières, des acquisitions et des expansions. Cela accroît les gains potentiels et, par conséquent, la probabilité que le prix des actions augmente.

De l’autre, les investisseurs se déplacent de titres plus stables mais moins rentables, comme les obligations, vers des actifs financiers plus risqués avec des rendements potentiels plus élevés. Dans cette seconde catégorie rentrent les actions et les indices relatifs, mais aussi les cryptomonnaiesPour ne rien manquer des prochains rendez-vous de la BCE, jette un coup d’œil à notre calendrier et inscris-toi sur Young Platform !

Inflation aux USA : Les chiffres du CPI d’aujourd’hui

Données CPI USA : Résultats de l'inflation et impact sur les marchés

L’indice des prix à la consommation (CPI) vient de paraître : quelles conséquences pour les marchés ?

L’indice des prix à la consommation (Consumer Price Index, CPI), indicateur clé utilisé pour estimer l’inflation aux États-Unis, vient d’être publié. Le sort des marchés financiers dépend largement de l’évolution de l’inflation américaine, et donc des données du CPI. Dans cet article, nous allons expliquer ce qu’est le CPI, pourquoi il est important, et analyser les derniers chiffres disponibles.

Qu’est-ce que le CPI ?

Le CPI, ou indice des prix à la consommation, est un indicateur économique fondamental qui mesure l’évolution des prix des biens et services courants achetés par les consommateurs. En d’autres termes, il nous indique combien coûte la vie aujourd’hui par rapport au passé.

Son calcul repose sur la collecte de données de prix d’un “panier” représentatif de produits et services, comme l’alimentation, l’habillement, le logement, les transports, l’éducation, la santé, etc. Le Bureau of Labor Statistics (BLS) américain relève ces prix chaque mois dans 75 zones urbaines, puis les compare à ceux du mois précédent.

Pourquoi est-ce important ?

Le CPI est l’outil de référence pour mesurer l’inflation, c’est-à-dire la hausse générale du coût de la vie. Si le CPI augmente, cela signifie que les prix montent et que, globalement, les consommateurs doivent dépenser plus pour maintenir leur niveau de vie.

Bitcoin et la CPI : quel est le lien ?

Lorsque, lors du dernier FOMC, la Fed a annoncé une baisse des taux de 25 points de base, le prix du Bitcoin n’a pas réagi de manière très marquée, car la décision était largement anticipée : le président Jerome Powell, dès son discours à Jackson Hole, avait laissé entendre que la Réserve fédérale, dans ses évaluations de politique monétaire, donnerait la priorité à la maîtrise du taux de chômage plutôt qu’au maintien de la stabilité des prix.

Dans ce contexte, l’Indice des Prix à la Consommation (CPI) perd légèrement de sa pertinence par rapport à d’autres indicateurs, principalement les Non-Farm Payrolls et le taux de chômage. Néanmoins, il reste un outil fondamental pour comprendre l’évolution de l’inflation et tenter de prévoir le comportement de la banque centrale américaine : un CPI stable ou en baisse augmenterait considérablement la probabilité d’une baisse des taux lors du prochain FOMC – vous trouverez toutes les dates pour 2026 dans notre article sur le calendrier des réunions de la Fed.

La dernière fois que cela s’est produit

Le précédent CPI d’octobre s’était révélé inférieur aux prévisions mais supérieur au CPI de septembre : ce chiffre n’avait pas modifié les choix de la Fed qui, comme nous l’avons déjà expliqué, se concentre depuis fin août davantage sur l’évolution du chômage.

Une curiosité : ce CPI est « différent » de d’habitude car il intervient dans un contexte post-shutdown. Pour ceux qui l’ignorent, le shutdown gouvernemental survient lorsque le Congrès n’approuve pas le budget fédéral, c’est-à-dire la gestion des dépenses publiques. Dans cette situation, toutes les dépenses non essentielles sont automatiquement gelées jusqu’à ce qu’un accord budgétaire satisfaisant aux Républicains et aux Démocrates soit trouvé.

Même le Bureau of Labor Statistics, l’organisme responsable de la publication des données sur l’emploi et l’inflation, relève de la catégorie « non essentielle ». Pour cette raison, en novembre, aucune mise à jour n’a été publiée sur l’état de l’inflation aux États-Unis : les relevés de décembre prennent donc octobre comme point de comparaison – qui reflète la situation de septembre – et non le mois qui vient de s’écouler.

Alors, qu’a donné le CPI d’aujourd’hui ?

CPI de décembre 2025 : Analyse des données

Le 18 décembre 2025, le BLS a publié un rapport sur l’évolution des prix pour les consommateurs américains. Selon le rapport, le CPI mensuel (MoM) a augmenté de 0,2 % par rapport au mois précédent, tout comme le CPI annuel (YoY), en hausse de 2,7 %. Cette donnée est assez positive, car l’inflation annuelle baisse et se rapproche de plus en plus de l’objectif fixé par la FED, soit 2 %.

Que signifient ces chiffres ?

Le fait que le CPI ait augmenté de 0,2 % d’un mois sur l’autre et de 2,7 % d’une année sur l’autre signifie que l’inflation s’est révélée moins agressive que prévu : les deux relevés sont inférieurs aux attentes. Les analystes prévoyaient en effet une augmentation de 0,3 % mensuelle et de 3,1 % annuelle.

Que décidera la Fed concernant les taux d’intérêt lors du FOMC des 27 et 28 janvier 2026 ? Sur le FedWatch Tool, l’outil de référence pour ce type de prévisions, les probabilités d’une baisse de 25 points de base sont déjà plus élevées que la veille de la publication du CPI.

Données historiques du CPI YoY en 2025

Voici comment le CPI a évolué en 2025 :

  • Décembre 2025 : 2,7 % (prévu 3,1 %)
  • Octobre 2025 : 3 % (prévu 3,1 %)
  • Septembre 2025 : 2,9 % (prévu 2,9 %)
  • Août 2025 : 2,7 % (prévu 2,7 %)
  • Juillet 2025 : 2,7 % (prévu 2,7 %)
  • Juin 2025 : 2,4 % (prévu 2,5 %)
  • Mai 2025 : 2,3 % (prévu 2,4 %)
  • Avril 2025 : 2,4 % (prévu 2,5 %)
  • Mars 2025 : 2,8 % (prévu 2,9 %)
  • Février 2025 : 3 % (prévu 2,9 %)
  • Janvier 2025 : 2,9 % (prévu 2,9 %)

Taux de la BCE : à quand la prochaine réunion ? Le calendrier complet de 2026 à surveiller !

La prochaine réunion de la BCE ? Le calendrier complet 2025

Le calendrier 2026 des réunions à ne pas manquer

Quand aura lieu la prochaine réunion de la BCE ? Le calendrier de l’institution centrale est suivi de près, et pas seulement par les investisseurs ou les experts du marché. Les simples citoyens de la zone euro suivent également avec intérêt et appréhension les réunions de la Banque centrale, car ses décisions peuvent avoir des répercussions sur le portefeuille des ménages.

Chaque réunion de la BCE est donc attendue avec impatience et précédée d’innombrables prévisions concernant les décisions de Christine Lagarde et du Conseil des gouverneurs, dont les propos sont constamment passés au crible. Voici donc le calendrier 2026 (et au-delà) des réunions à suivre pour ne manquer aucun rendez-vous avec l’institution de Francfort.

Prochaine réunion de la BCE sur la politique monétaire : calendrier 2026

Le calendrier annuel de la BCE prévoit plusieurs rendez-vous. Elle se réunit généralement deux fois par mois, mais les décisions de politique monétaire ne sont discutées que 8 fois par an. Ce sont les réunions les plus attendues, car elles peuvent influencer les marchés financiers et bien plus encore. 

Le calendrier de la Banque centrale européenne est donc divisé en deux parties : les prochaines réunions de politique monétaire et celles qui ne concernent pas la politique monétaire. 

La première catégorie de réunions, qui a toujours lieu le jeudi, est suivie d’une conférence de presse de la présidente de l’institution, Christine Lagarde, qui présente en direct à la télévision au public et aux journalistes les décisions prises. Pour approfondir: conférence de presse de la BCE en direct : comment et où suivre l’événement ?

Mais alors, que discute-t-on lors de chaque réunion de politique monétaire de la BCE ? Les principaux thèmes abordés sont généralement la croissance et le PIB de la zone euro, le resserrement quantitatif, l’évolution de l’inflation et les taux d’intérêt. 

Les décisions relatives aux taux d’intérêt, sont particulièrement importa,ntes car elles ont des répercussions directes sur l’épargne et le pouvoir d’achat des citoyens. Parmi les différentes conséquences de la hausse des taux, on peut citer l’augmentation du coût des prêts hypothécaires, par exemple. D’autre part, pour la BCE, la hausse ou la baisse des taux d’intérêt est un outil essentiel pour remplir sa mission principale, à savoir maintenir la stabilité des prix

Cela dit, la question initiale se pose naturellement : quand aura lieu la prochaine réunion de la BCE

Calendrier 2026 des réunions de politique monétaire

  • 4-5 févr0 mars 2026
  • 29-30 avril 2026
  • 10-11 juin 2026
  • 22-23 juillet 2026
  • 9-10 seconstituembre 2026
  • 28-29 octobre 2026
  • 16-17 décembre 2026

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À l’exception de la réunion de septembre qui se tiendra à la Deutsche Bundesbank (la banque centrale allemande) à Rome, toutes les réunions de la BCE en 2026 se tiendront à l’Eurotower de Francfort, siège de la BCE, et seront présidées par le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, principal organe décisionnel de l’institution.

Celui-ci est composé de la présidente Christine Lagarde, du vice-président Luis de Guindos, de quatre membres nommés parmi les pays leaders de la zone euro qui occupent leur poste pendant 8 ans, et des gouverneurs des banques centrales nationales. Dans le cas de l’Italie, il s’agit de Fabio Panetta. 

Après chaque réunion, les investisseurs surveillent les marchés afin d’observer les réactions aux décisions de la Banque centrale européenne. Certaines de ces décisions ont également un impact sur le marché des cryptomonnaies. C’est pourquoi il convient de suivre de près les prochaines réunions de la BCE, tout comme celles de la Réserve fédérale (voici le calendrier des réunions de la Fed pour 2026). 

Sur Young Platform, la principale bourse de cryptomonnaies en Italie, vous pouvez consulter les cours des cryptomonnaies tout en suivant les rapports de chaque réunion de la BCE. 

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Prochaine réunion de la BCE non consacrée à la politique monétaire : calendrier 2025

Le voirdrier des réunions de la BCE prévoit également des réunions qui ne traitent pas de questions de politique monétaire. À ces occasions, les autres tâches et responsabilités de la Banque centrale européenne, telles que la surveillance bancaire de la zone euro, sont accomplies. Voici toutes les dates des prochaines réunions : 

  • 25 février 2026
  • 8 avril 2026
  • 20 mai 2026 
  • 30 septembre 2026
  • 18 novembre 2026

BCE : calendrier des réunions 2025

  • 29-30 janvier 2025
  • 5-6 mars 2025
  • 16-17 avril 2025
  • 4-5 juin 2025
  • 23-24 juillet 2025
  • 10-11 septembre 2025
  • 29-30 octobre 2025 (à la Banque d’Italie à Florence)
  • 17-18 décembre 2025

BCE : calendrier des réunions 2024

  • 25 janvier 2024 
  • 7 mars 2024
  • 11 avril 2024
  • 6 juin 2024
  • 18 juillet 2024
  • 12 septembre 2024
  • 17 octobre 2024 (à la Banque de Slovénie)
  • 12 décembre 2024

BCE : calendrier des réunions 2023

  • 2 février 2023
  • 16 mars 2023
  • 4 mai 2023
  • 15 juin 2023
  • 27 juillet 2023
  • 14 septembre 2023
  • 26 octobre 2023 
  • 14 décembre 2023

La prochaine réunion de la BCE aura donc lieu prochainement, en 2026, mais le calendrier des réunions de cette année est chargé et les occasions de discuter de l’économie de la zone euro ne manqueront pas. 
Vous voulez suivre l’actualité sans effort ? Inscrivez-vous sur Young Platform pour ne pas manquer les nouvelles qui font bouger les marchés !

Fed, calendrier 2026 : quand aura lieu la prochaine réunion du FOMC ?

Fed, calendrier 2026 : quand aura lieu la prochaine réunion du FOMC ?

Fed : le programme complet du FOMC 2026 avec toutes les prochaines dates prévues

Le calendrier des réunions de la Fed (Federal Reserve System), c’est-à-dire la banque centrale des États-Unis, prévoit huit réunions par an. Ces réunions sont l’équivalent de celles de notre BCE, au cours desquelles sont prises les décisions de politique monétaire. Ce sont des événements très suivis, car ils peuvent influencer l’évolution des marchés financiers et, ces derniers temps, sont devenus de véritables tournants pour l’avenir de l’économie mondiale.

Réunions de la Fed : ce qui est décidé et par qui 

Avant de découvrir le calendrier des réunions de la Fed en 2026 , voyons comment fonctionnent ces réunions. 

Les réunions sont présidées par le FOMC (Federal Open Market Committee), c’est-à-dire l’organe opérationnel et porte-parole de la Fed. Celui-ci est composé de 12 membres, dont des banquiers centraux des États-Unis et le président de la Fed. 

Le FOMC évalue les conditions financières et les mesures de politique monétaire à prendre pour atteindre les objectifs économiques des États-Unis. Parmi celles-ci, la plus décisive est celle relative aux taux d’intérêt, destinée à réguler l’inflation

À l’occasion de chacune des réunions de la Fed prévues au calendrier, sont présentés :  un résumé des projections économiques – Summary of Economic Projection – et le Dot Plot, un graphique qui montre les prévisions anonymes de chaque membre de la Fed sur la position des taux des fonds fédéraux de l’année écoulée, sur l’avenir et sur le long terme. Ces rendez-vous sont signalés dans le calendrier par un astérisque. 

L’annonce de la réunion du FOMC

Le résumé des projections économiques est publié dans l’annonce de la réunion du FOMC, un communiqué de politique monétaire qui présente les indicateurs économiques les plus importants, tels que les données sur le marché du travail. À cette occasion, la Fed communique le « taux des fonds fédéraux », c’est-à-dire le taux d’intérêt qui influence tous les autres taux (taux de prêts hypothécaires, taux de prêts, taux d’obligations). Ce taux est donné sous forme d’intervalle (par exemple : 1,75 %–2 %). L’objectif implicite est d’atteindre la moyenne de cet intervalle. Plus cet objectif est élevé, plus la politique monétaire est restrictive ; plus cet objectif est bas, plus la politique monétaire est accommodante.

Réunions de la Fed : calendrier 2026 

Ces réunions du FOMC ont lieu huit fois par an, durent deux jours et sont suivies d’une conférence de presse par le président Jerome Powell. Voici le calendrier de la Fed pour toutes les réunions de 2026 .

  • 27-28 janvier 2026  
  • 17-18 mars 2025*
  • 28-29 avril 2026
  • 16-17 juin 2026*
  • 28-29 juillet 2026
  • 15-16 septembre 2026*
  • 27-28 octobre 2026
  • 8-9 décembre 2026*

(*) Réunion associée à la synthèse des projections économiques.

Le dernier FOMC, par exemple, se trouve à ce lien où nous parlons de la décision sur les taux, des motivations et des réactions des marchés.

Alors que nous approchons du mois de mai, une transition majeure se profile : le président Jerome Powell s’apprête à achever son deuxième mandat à la tête de la Réserve fédérale. Dans ce contexte, le président Donald Trump se retrouve face à une décision cruciale : choisir le successeur de Powell. Qui apparaît aujourd’hui comme le candidat le plus sérieux pour ce poste clé ? Pour mieux comprendre les profils en lice et leurs qualifications, lisez l’article détaillé qui passe en revue les parcours et les antécédents des personnes envisagées.

Réunions de la Fed : calendrier 2025

En 2025, la Fed s’est réunie aux dates suivantes : 

  • 28-29 janvier 2025  
  • 18-19 mars 2025 *
  • 6-7 mai 2025
  • 17-18 juin 2025 *
  • 29-30 juillet 2025
  • 16-17 septembre 2025 *
  • 28-29 octobre 2025
  • 9-10 décembre 2025 *

Réunions de la Fed : calendrier 2024

En 2024, la Fed s’est réunie aux dates suivantes : 

  • 30-31 janvier 2024
  • 19-20 mars 2024*
  • 30 avril – 1er mai 2024
  • 11-12 juin 2024*
  • 30-31 juillet 2024
  • 17-18 septembre 2024*
  • 6-7 novembre 2024
  • 17-18 décembre 2024*

Réunions de la Fed : calendrier 2023

En 2023, la Fed s’est réunie aux dates suivantes : 

  • 31 janvier – 1er février 2023
  • 21-22 mars 2023*
  • 2-3 mai 2023
  • 13-14 juin 2023*
  • 25-26 juillet 2023
  • 19-20 septembre 2023*
  • 31 octobre – 1er novembre 2023
  • 12-13 décembre 2023*

Réunions de la Fed : calendrier 2022

En 2022, la Fed s’est réunie aux dates suivantes : 

  • 25-26 janvier 2022
  • 15-16 mars 2022*
  • 3-4 mai 2022
  • 14-15 juin 2022*
  • 26-27 juillet 2022
  • 20-21 septembre 2022*
  • 1-2 novembre 2022
  • 13-14 décembre 2022*

Les réunions de la Fed sont un événement très attendu par les opérateurs financiers et les analystes. Les décisions de l’institution jouent un rôle primordial dans la politique monétaire des États-Unis, mais pas seulement. 

À plusieurs reprises, nous avons constaté leur impact sur d’autres marchés, notamment celui des cryptomonnaies. C’est pourquoi nous suivons de près le calendrier de la Fed : inscrivez-vous sur Young Platform pour ne manquer aucune mise à jour !

Réunion de la Fed de décembre 2025 : que s’est-il passé ?

Réunion de la Fed de décembre 2025 : que s'est-il passé ?

Réunion de la Fed de décembre 2025 : le FOMC abaisse les taux directeurs de 25 points de base (pdb). Quelles sont les motivations ? Comment les marchés ont-ils réagi ?

La réunion de la Réserve fédérale s’est conclue ce 10 décembre 2025 avec l’annonce, par le président Jerome Powell, de la décision du FOMC sur les taux d’intérêt. Comme largement anticipé, le Comité a choisi de réduire les taux de 25 points de base, les ramenant dans une fourchette comprise entre 3,50 % et 3,75 %.

Réunion de la Fed de décembre 2025 : comme prévu, le FOMC baisse les taux

À l’issue de sa réunion du 10 décembre 2025, le Comité fédéral de l’open market (FOMC) a annoncé sa décision très attendue concernant la politique monétaire américaine. Le comité dirigé par Jerome Powell a opté pour une baisse des taux d’intérêt de 25 pdb, ciblant la fourchette de 3,50 % à 3,75 %, un mouvement largement intégré par les marchés.

Les motivations

Les raisons de cette décision peuvent se résumer à deux phrases clés prononcées par Jerome Powell lors de la conférence de presse.

La première nous donne un aperçu général de la situation macroéconomique des États-Unis :

“Bien que certaines données importantes du gouvernement fédéral aient été retardées en raison du shutdown, les données disponibles des secteurs public et privé suggèrent que les perspectives pour l’emploi et l’inflation n’ont pas beaucoup changé depuis notre réunion d’octobre. Les conditions du marché du travail semblent se refroidir progressivement, tandis que l’inflation reste quelque peu élevée.”

Rien de nouveau sous le soleil. Le marché du travail peine à prendre de l’élan, avec un taux de chômage à son plus haut niveau depuis octobre 2021 — s’établissant désormais à 4,4 % — tandis que l’inflation, bien que relativement sous contrôle, ne montre aucun signe d’arrêt complet. Ainsi, le scénario actuel, affirme Powell, ne diffère pas sensiblement de celui de septembre.

Étant donné que la Réserve fédérale — comme nous le savons depuis Jackson Hole — accorde désormais une plus grande importance au contrôle du chômage qu’à la stabilité des prix, ce contexte, substantiellement inchangé, permet aux gouverneurs du FOMC de poursuivre une politique monétaire expansive.

Par la suite, le président de la Fed s’est concentré sur le marché du travail :

“Bien que les données officielles sur l’emploi pour octobre et novembre soient en retard, les preuves disponibles suggèrent que les licenciements comme les embauches restent faibles. Le rapport officiel sur le marché du travail pour septembre, le dernier publié, a montré que le taux de chômage a continué d’augmenter légèrement, atteignant 4,4 %, et que la création d’emplois a ralenti de manière significative par rapport au début de l’année.”

Powell nous dit qu’à moyen terme, les données dépeignent un tableau d’une légère détérioration de l’emploi. Sur cette base, la Fed a décidé de baisser les taux pour stimuler l’économie et, par conséquent, tenter de raviver le marché du travail.

La Réserve fédérale revient au Quantitative Easing, mais en version “Soft”

Vers la fin de son discours, Jerome Powell s’est concentré sur le bilan de la Réserve fédérale. Le premier jour de décembre, la banque centrale des États-Unis a officiellement mis fin au Quantitative Tightening (QT) : elle a cessé de réduire son bilan afin de le maintenir “plat”, c’est-à-dire stable.

Cependant, avec le FOMC de décembre, “le Comité a décidé d’initier l’achat de titres du Trésor à plus court terme — principalement des bons du Trésor (Treasury bills) — dans le seul but de maintenir une ample disponibilité de réserves dans le temps.” En d’autres termes, la déclaration de Powell signale que la Fed recommencera à injecter des liquidités dans le système afin que les banques disposent de liquidités suffisantes pour soutenir la croissance économique.

Plus précisément, “les achats pour la gestion des réserves s’élèveront à 40 milliards de dollars le premier mois et pourraient rester élevés pendant quelques mois.”

La Réserve fédérale revient donc à un régime d’Assouplissement quantitatif (QE), mais en version “soft” : à titre de comparaison, pendant le Covid, le QE de la Fed prévoyait des achats de titres du Trésor pour 200 milliards de dollars par mois, soit cinq fois le chiffre mentionné ci-dessus.

Les résultats d’Oracle gâchent la fête des marchés

Oracle, l’entreprise dirigée par Larry Ellison — qui s’est récemment lancée à corps perdu dans le secteur de l’IA avec des collaborations milliardaires avec OpenAI et NVIDIA — a publié ses résultats trimestriels vers 22h00 (heure de Rome/Paris) le 10 décembre, après la fermeture des marchés.

Avant cela, les trois principaux indices de Wall Street avaient très bien réagi à la nouvelle de la baisse des taux : le S&P 500 et le Dow Jones étaient en hausse de 0,7 %, tandis que le Nasdaq 100 était en hausse de 0,8 %. Si l’on se concentre sur les entreprises individuelles, en particulier dans le secteur AI-Tech, Oracle a clôturé la séance à +1,9 %, NVIDIA à +0,65 %, Broadcom à +1,65 %, Meta à +0,8 %, et Tesla et Google à +1,4 %. Le marché des crypto-monnaies a également participé à la fête, avec Bitcoin et Ethereum en hausse d’environ 2,5 %.

Puis l’heure de vérité a sonné. Oracle a publié les bénéfices du trimestre qui vient de s’achever : 16,06 milliards de dollars, contre les 16,21 milliards de dollars prévus. Si une entreprise ne bat pas les prévisions, ce n’est jamais bon signe ; si elle est l’un des leaders du secteur de l’IA, la situation est encore plus grave. Les craintes liées à une “bulle de l’IA” s’emparent de l’esprit des investisseurs.

Voici ce qui se passe en pré-ouverture (pre-market), alors que les bourses sont encore fermées : les contrats à terme (futures) sur le S&P 500 ont chuté de 0,6 %, ceux sur le Dow Jones de 0,2 % et ceux sur le Nasdaq 100 de 0,8 %.

Le tableau est encore plus sombre pour les actions individuelles, avec le crash de l’action Oracle, en baisse de 11 %. Elle entraîne avec elle NVIDIA (-1,73 %), Broadcom (-1,6 %), Meta (-0,9 %), Tesla et Google (-0,8 %). Naturellement, l’événement a également frappé le Bitcoin (-4,4 %) et l’Ethereum (-7,3 %) par rapport à leurs pics post-FOMC.

Prochaines réunions de la Fed : une baisse des taux à l’horizon ?

Il est difficile de prévoir le comportement des banquiers centraux américains, notamment parce qu’en mai 2026, il y aura un changement à la tête de la Fed — nous avons écrit un article dédié aux candidats potentiels à la présidence de la Fed.

Quoi qu’il en soit, au moment de la rédaction, le FedWatch Tool, à 48 jours de la prochaine réunion, estime une probabilité de baisse de 25 pdb à 19,9 %, tandis que le statu quo (“No Change”) est estimé à 80,1 %.Le prochain rendez-vous est donc dans un peu plus d’un mois et demi, pour le FOMC des 30 et 31 janvier.

Chômage et emplois non agricoles : les chiffres américains

Emploi aux États-Unis : les données et la réaction des marchés

Les données sur l’emploi aux États-Unis ont été publiées : les Non-Farm Payrolls et le chômage. Comment les marchés ont-ils réagi ?

Le mardi 16 décembre, le BLS (Bureau of Labor Statistics) américain a publié les données relatives au marché du travail. Plus précisément, les chiffres sur les emplois non agricoles (NFP), c’est-à-dire les nouveaux emplois créés hors du secteur agricole, et sur le taux de chômage ont été publiés. Quelle est la situation ? Comment les marchés ont-ils réagi et pourquoi ? 

Les données : emplois non agricoles et taux de chômage 

Les données du 16 décembre sont les deuxièmes depuis la fin officielle du shutdown, qui a partiellement empêché la collecte des données d’octobre, et se réfèrent au mois de novembre. Mais allons droit au but : les NFP ont augmenté de 64 000 unités, un chiffre supérieur aux prévisions qui estimaient 50 000 nouveaux emplois, tandis que le taux de chômage a atteint 4,6 %, soit 0,2 % de plus que les prévisions et les mesures précédentes. 

Les implications 

Comme on le sait, le monde de la finance accorde une grande importance à ces données, car, comme nous l’avons rappelé, le shutdown a entraîné une certaine confusion opérationnelle. 

Du point de vue des taux d’intérêt, le marché du travail est un indicateur très pris en compte, surtout depuis que le président de la Réserve fédérale Jerome Powell, dans son discours à Jackson Hole, a confirmé le changement de priorité : dans l’évaluation des mesures de politique monétaire, la banque centrale américaine accorde désormais plus d’importance à la maîtrise du chômage qu’à la stabilité des prix. 

Sur la base de ces déclarations, la chaîne logique qui guide les investisseurs depuis au moins trois mois est la suivante : si les NFP sont inférieurs aux prévisions et que le taux de chômage augmente, il est alors très probable que la prochaine réunion du FOMC se solde par une baisse des taux. Cela a effectivement été le cas jusqu’à la dernière réunion de politique monétaire.

Quoi qu’il en soit, les informations communiquées aujourd’hui par le BLS sur la situation de l’emploi aux États-Unis ont brossé un tableau de plus en plus sombre : le taux de chômage continue d’augmenter mois après mois et a atteint son plus haut niveau depuis 2022.

Prévisions concernant le FOMC de décembre

Le FedWatch du CME Group, un outil qui calcule les probabilités d’une baisse des taux par le FOMC sur la base des prix des contrats à terme sur les fonds fédéraux, indique actuellement « No Change » à 75,6 %, tandis qu’une baisse de 25 points de base, soit 0,25 %, est probable à 24,4 %. Mais il s’agit là de pourcentages totalement provisoires qui évoluent de jour en jour : ils seront certainement moins fluctuants à l’approche de la réunion. 

Comment les marchés ont-ils réagi ?

Au moment où nous écrivons ces lignes, les principaux indices de Wall Street semblent ne pas avoir apprécié : le Dow Jones et le S&P 500 perdent respectivement 0,5 % et 0,35 %. Il en va autrement pour le Nasdaq 100 qui, pour l’instant, reste inchangé (-0,03 %).

Le marché des cryptomonnaies affiche pour l’instant une réaction particulière : le Bitcoin gagne 1,5 % et se situe autour de 87 700 dollars, tandis que l’Ethereum passe en territoire négatif et cède 0,4 % : il se trouve actuellement à 2 950 dollars. Solana suit le BTC et fait mieux que l’ETH, progressant de 0,3 % pour s’établir à 128 dollars. Nous terminons cette section par la capitalisation boursière totale, qui reste sous le seuil des 3 000 milliards, précisément à 2 950 milliards

Le DXY, qui mesure l’évolution du dollar par rapport aux six principales devises mondiales, perd 0,2 % par rapport à hier, jour où il avait enregistré une baisse de 0,15 %, tandis que l’or reste pratiquement immobile (0,02 %), se maintenant à 4 300 $.

Et maintenant ?

Dans les prochains jours, nous assisterons très probablement à un marché très volatil, en particulier du côté des cryptomonnaies : en effet, la situation actuelle est marquée par une forte émotion susceptible de déplacer des milliards de capitaux en quelques heures.

Pauvreté dans le monde : problème et solutions possibles

Pauvreté mondiale : problèmes et solutions possibles

La pauvreté est un problème réel qui frappe des millions de personnes dans le monde : qu’est-ce qui a été fait jusqu’ici pour l’endiguer ? Avec quels résultats ? Peut-on faire autre chose ?

La pauvreté est définie sur la base d’un seuil, dit justement « seuil de pauvreté », que la Banque mondiale fixe à 3 $ par jour : sur la base de ce critère, environ 808 millions de personnes dans le monde vivent dans des conditions de véritable détresse économique, bien qu’avec le temps la situation se soit considérablement améliorée. De nombreuses solutions ont été mises en place au fil des années pour tenter de résoudre ce problème. Les efforts ont-ils suffi ? Peut-on faire autre chose ?

Pauvreté : définition

La pauvreté, selon la Banque mondiale, est la « privation marquée du bien-être » : en ce sens, sont considérés pauvres ceux qui ne disposent pas du revenu nécessaire pour acheter un « panier minimum » de biens de consommation socialement acceptés. En d’autres termes, vivent dans un état de pauvreté ceux qui ne possèdent pas de ressources monétaires suffisantes pour dépasser un seuil minimum jugé adéquat, appelé, justement, le seuil de pauvreté.

Une définition plus large de la pauvreté – et donc du bien-être – se concentre sur un critère en particulier : la capacité de l’individu à vivre et, en général, « bien fonctionner » au sein de la société. De cette façon, la pauvreté est aussi calculée sur la base de l’accès à l’éducation, à la santé, à la liberté d’expression, et ainsi de suite.

En revenant au concept de seuil de pauvreté, la Banque Mondiale le quantifie de deux manières, à savoir relative et absolue : la première tient compte du cas par cas, en identifiant un chiffre en dollars en fonction des caractéristiques de ce pays, tandis que la seconde détermine une valeur universelle.

Le seuil de pauvreté varie périodiquement selon les conditions macroéconomiques. En 1990, au moment de son introduction, le seuil absolu était fixé à 1$ par jour pour les pays à faible revenu, tandis qu’en juin 2025, à l’occasion de la dernière mise à jour, il a été relevé à 3$ par jour.

Quelles sont les causes de la pauvreté ?

La pauvreté – pour dire une chose non banale et peu rhétorique – est un concept complexe, fruit de l’interaction de plusieurs causes. Dans tous les cas, l’EAPN (European Anti-Poverty Network) identifie certains facteurs clés : faible niveau d’instruction, chômage élevé et forte proportion d’emplois sous-payés, absence d’un État-providence qui puisse aider ceux qui sont en difficulté, pour en citer quelques-uns.

Il s’agit, évidemment, d’éléments qui sont en même temps cause et conséquence. En simplifiant à l’extrême : un État pauvre, pour « rester debout » et ne pas faire faillite, sera probablement contraint de réduire les dépenses sociales et les investissements, créant les conditions pour une scolarisation plus faible et un chômage plus élevé qui, à leur tour, empêcheront les citoyens de s’instruire et d’accéder à des emplois à salaire plus élevé. La consommation interne s’effondre, l’économie ne croît pas et l’État s’appauvrit davantage et coupe les dépenses sociales… et cetera et cetera.

Il existe, cependant, un indicateur qui, plus que d’autres, corrèle positivement avec la pauvreté d’un pays : quand l’un monte, l’autre monte et vice versa. Nous parlons de la dette extérieure, c’est-à-dire la partie de la dette détenue par des créanciers non-résidents dans le pays considéré, qui inclut tant la dette publique extérieure que la dette privée extérieure.

La première est composée d’obligations et de titres d’état – donc des instruments financiers émis par l’état – détenus par des investisseurs étrangers ; la seconde, en revanche, est la dette que les sujets privés, comme les entreprises et les banques, contractent envers des sujets externes.

Pourquoi la dette extérieure joue-t-elle un rôle si important ?

La pauvreté, comme nous venons de l’écrire, est corrélée à la dette extérieure, du moment que l’une est élevée, là où l’autre l’est. La raison, fondamentalement, est synthétisable en deux mots : le péché originel, c’est-à-dire l’impossibilité pour un pays LIC (Low Income Country, à faible revenu) d’émettre de la dette vers des investisseurs étrangers en monnaie nationale, avec toutes les répercussions du cas que nous affronterons sous peu.

Le terme, emprunté au Christianisme, joue justement sur l’analogie religieuse : tout comme l’être humain naît en héritant la condition de péché d’Adam, de la même manière les Pays LIC « naissent déjà coupables » en héritant de difficultés structurelles qui ne dépendent pas des politiques mises en œuvre, mais du système financier mondial qui ne fait pas confiance à leur monnaie.

Le péché originel, le déséquilibre de change et ses conséquences

C’est le cœur de la question : alors que les Pays à revenu élevé, comme le Royaume-Uni, peuvent distribuer une grande partie de leur dette en monnaie nationale, c’est-à-dire la livre sterling, les Pays LIC sont contraints de recourir à des monnaies étrangères fortes, telles que le dollar, l’euro ou le yen. Cela produit ce qu’on appelle le déséquilibre de change (mismatch valutario), ou la différence entre la monnaie dans laquelle un Pays émet de la dette et celle dans laquelle il génère des revenus, avec tous les effets négatifs qui en découlent.

Imaginez vouloir financer, avec 1 000 $, la dette de Madagascar, un pays LIC à dette extérieure élevée, en achetant un titre d’État à 3 ans. Le Trésor malgache, à ce stade, vous propose deux solutions : vous pouvez acheter directement les bonds en dollars, sachant que le remboursement avec intérêts se fera en dollars, ou vous pouvez convertir les 1 000 dollars en 4 487 736 ariary (la monnaie locale), avec un remboursement relatif – dans trois ans – en ariary. Le problème est que Madagascar connaît une inflation très élevée. Il est clair que vous choisirez la première option.

Madagascar, par conséquent, a très peu de possibilités d’émettre de la dette en ariary, car, de façon réaliste, n’importe quel investisseur, comme vous, préférera le dollar. Voilà le déséquilibre de change : la dette extérieure et les intérêts – très élevés pour les Pays LIC – sont en dollars, tandis que les recettes de l’état sont en monnaie locale : si le taux de change avec le dollar reste stable, le problème ne se pose pas. Malheureusement, ce n’est pas le cas de Madagascar : en 2017, le taux de conversion dollar/ariary était de 1 à 3 000, aujourd’hui il est de 1 à 4 488.

Le déséquilibre de change est délétère, car il amplifie nettement les chocs. Imaginons un scénario où Madagascar est frappé par une crise endogène, comme un coup d’état, ou exogène, comme une catastrophe naturelle : la fuite de capitaux du pays est pratiquement garantie, puisque n’importe quel investisseur chercherait à se préserver en se réfugiant dans des actifs plus solides. Le résultat ? La monnaie, déjà très faible, se dévaluerait encore davantage, avec pour conséquence une hausse drastique du coût du service de la dette – le montant total que l’État doit payer aux investisseurs. La conséquence ? Crise de liquidité et défaut probable.

La compression des dépenses sociales

Choc mis à part, le péché originel limite considérablement la marge de dépense d’un État comme Madagascar par un paradoxe que Marco Zupi, analyste géopolitique et auteur d’un article justement sur le thème de la soutenabilité de la dette, appelle « double vérité » : bien que le poids de la dette publique soit souvent plus grand dans les économies avancées, les Pays LIC doivent faire les comptes avec une charge relative de la dette disproportionnellement plus élevée.

En termes simples, même si Madagascar détient une dette publique sensiblement plus basse que celle d’Italie, il se trouve à payer un coût relatif bien plus élevé et doit mobiliser une tranche disproportionnée de ses maigres recettes rien que pour en payer les intérêts. Ceux-ci, en effet, sont élevés tant parce que les investisseurs, étant donné le risque, demandent des primes adéquates que parce que, comme nous l’avons vu, l’inflation de l’état africain dévalue considérablement l’ariary malgache. Tout cela mène à la compression des dépenses sociales, ou à la réduction des financements de l’instruction, des travaux publics, de la santé, et ainsi de suite.

En restant sur le thème, l’endettement des  États africains, comme l’écrit Zupi, a  atteint son niveau le plus  élevé de la dernière décennie en 2023, avec un rapport dette/PIB de 61,9 %. En général, en 2024, les pays en voie de développement ont dépensé, en moyenne, 15 % des recettes publiques pour le paiement de la dette extérieure, soit une hausse de 6,6 % par rapport à 2010. Tout cela, comme nous l’avons expliqué un peu plus haut, réduit la possibilité pour un Pays LIC d’investir dans le welfare, au détriment de ses citoyens : par exemple, dans au moins 34 Pays africains, la dépense pour le paiement de la dette extérieure est plus élevée que celle pour l’instruction et la santé – dans le triennat 2021-2023, celle-ci a été respectivement de 70, 63 et 44 dollars par habitant. Même à l’échelle mondiale, près de 3,4 milliards de personnes vivent aujourd’hui dans des pays contraints d’orienter la dépense publique de cette façon.

Les initiatives pour la réduction de la dette dans les pays LIC

La communauté internationale, à partir du milieu des années quatre-vingt, s’est mobilisée pour essayer d’endiguer ce phénomène, évidemment avec de maigres résultats. Plus précisément, six initiatives ont été mises en place pour réduire la dépendance des pays LIC à la dette et leur permettre un développement plus organique et sain. Voyons rapidement les projets et pourquoi ils n’ont pas fonctionné.

Plan Baker (1985-1988)

Avec le Plan Baker, en deux mots, on a privilégié la liquidité, en inondant les Pays en difficulté avec de nouveaux capitaux à crédit. La stratégie était mue par la conviction que ces États n’étaient que temporairement illiquides, c’est-à-dire sans argent suffisant pour rembourser la dette.

En réalité, le diagnostic était faux : plus que d’illiquidité, il aurait été opportun de parler d’insolvabilité structurelle, ou de l’impossibilité de rembourser une dette – trop élevée – même à long terme.

Le Plan Baker, donc, a « fourni de l’oxygène » et a évité des crises systémiques à court terme, sans toutefois affronter la criticité à ses origines. En synthèse, il a renvoyé le problème sans le résoudre.

Plan Brady (1989 et suivants)

La conséquence de l’échec du Plan Baker : la communauté internationale a reconnu que l’obstacle principal n’était pas le manque de liquidité, mais l’ampleur de la dette et l’insolvabilité structurelle relative. Il y avait un autre problème à résoudre : les prêts bancaires du Plan Baker, désormais, étaient devenus irrécouvrables, c’est-à-dire des déchets (junk), du moment qu’aucun État n’aurait jamais honoré la dette. Que faire ?

Les prêts bancaires sont convertis en titres garantis par des collatéraux forts – comme les titres du Trésor US, l’un des investissements les plus sûrs au monde – appelés, justement, les Brady Bonds. Mais à une condition. En simplifiant, le Plan Brady dit aux banques : «Votree prêt de 10 milliards ne vaut rien, mais maintenant vous pourrez l’échangercontrec un Brady Bond de 7 milliard.s ». Naturellement, les banques acceptent, car perdre 30% de l’investissement est préférable à perdre 100%, et la dette est escomptée – non plus 10, mais 7 milliards à rembourser.

L’objectif était de rouvrir l’accès au marché aux Pays LIC via les Brady Bond garantis, qui réduisaient la dette et, évidemment, étaient beaucoup plus attractifs aux yeux des investisseurs que les vieux prêts-déchets.

Toutefois, l’ampleur des réductions était limitée et insuffisante pour rendre la dette soutenable : pour reprendre notre exemple inventé, la remise de 10 à 7 milliards n’était pas suffisante pour un État qui ne pouvait même pas en rembourser 5.

Heavily Indebted Poor Countries et Multilateral Debt Relief Initiative (1996 – 2005)

Aussi, ces deux initiatives, que nous appellerons respectivement HIPC et MDRI, naissent en réponse à l’échec du plan précédent et, selon les experts, constituent la tentative la plus ambitieuse de toujours pour réduire la dette extérieure des Pays LIC.

Donc, après avoir appris la leçon des Plans Baker et Brady, la communauté internationale est intervenue directement sur la dette : avec l’HIPC, se sont vérifiées des coupes jusqu’à 90% des passifs, tandis qu’avec la MDRI on est arrivé à annuler 100% de la dette des Pays LIC envers des institutions internationales comme le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale.

Enfin, l’espace fiscal était effectivement libéré et les Pays à faible revenu pouvaient utiliser le capital en surplus – qui peu avant était destiné au paiement d’intérêts et de titres – pour la dépense sociale : « en Tanzanie et Ouganda », comme l’écrit Marco Zupi, « la dépense pour l’instruction et pour la santé a augmenté significativement après l’annulation de la dette ».

Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ? Pour résumer, l’HIPC et la MDRI ont résolu une partie des problèmes du passé du moment que, selon la Banque mondiale, bien 37 pays auraient bénéficié de plus de 100 milliards de dollars de « remise ». Ces initiatives, toutefois, ont échoué à prévenir les crises futures : en laissant de côté l’imposition de conditions assez rigides pour obtenir les financements, aucune intervention ciblée à la réforme du système n’a été réalisée ni pensée, laissant intactes ces difficultés structurelles à la base du « péché originel » des Pays LIC et de tout ce qui en découle. Ces pays, comme par certitude mathématique, ont recommencé à accumuler dette sur dette.

Mais ce n’est pas tout ! Nous sommes au troisième millénaire ; le monde change et de nouveaux protagonistes émergent. Ceci pour dire que, si les « vieilles dettes » étaient contractées principalement envers les États membres du Club de Paris – dont USA, UK, Italie, Allemagne, Japon et Canada – et banques multilatérales comme la Banque Mondiale, maintenant nous avons une ribambelle de nouveaux créanciers : des États non membres du Club de Paris comme la Chine, aux créanciers privés comme les fonds d’investissement et banques commerciales.

En synthèse, le nouvel ordre de créanciers a contribué – et contribue toujours – à rendre les différentes crises bien plus complexes : si avant il existait une table unique – le Club de Paris – qui organisait et menait les négociations, maintenant le scénario est bien plus fragmenté et difficile à coordonner.

Debt Service Suspension Initiative (2020-2021)

La DSSI a été une initiative lancée par le G20 – les 20 plus grandes économies du monde – durant la pandémie de Covid-19. Comme on peut facilement le deviner par son nom, la DSSI naît avec l’objectif de mettre temporairement en pause les paiements de la dette : il s’est agi d’une suspension d’environ 13 milliards de dollars en versements pour 48 pays, qui ont donc eu une plus grande disponibilité pour combattre la crise sanitaire.

La DSSI, sur le plan des logiques de fond, est très similaire au Plan Baker, du moment que les deux programmes se sont focalisés sur la liquidité plutôt que sur la solvabilité, et ont concentré leurs interventions sur le soulagement temporaire plutôt que sur les déficits structurels. La seule vraie différence réside dans les modalités selon lesquelles on est arrivé à l’objectif : avec le Plan Baker, on accordait des prêts bancaires, tandis qu’avec la DSSI, on n’a simplement permis l’interruption des paiements.

Comme pour les logiques, les deux initiatives se ressemblent aussi par leurs limites, dans le sens où, dans la conception de la DSSI, aucune stratégie à long terme n’a été planifiée – mais il faut considérer le contexte d’urgence dans lequel elle prend pied. Dans ce cas, s’est toutefois produit un effet collatéral que l’auteur de l’article sur la soutenabilité de la dette (Marco Zupi) a qualifié de « pervers ».

L’arrêt des paiements, en effet, a concerné uniquement les « créanciers officiels », c’est-à-dire les États membres du Club de Paris, sans toucher les créanciers privés : banques et fonds d’investissement ont continué de recevoir les contreparties dues.

Common Framework (2020 – présent)

C’est l’initiative actuelle mise en place par le G20, et elle a beaucoup de points communs avec l’HIPC et le MDRI : le Common Framework (CF) a aussi été conçu pour affronter la question à la racine, en intervenant sur la solvabilité des Pays, c’est-à-dire sur la réduction du stock de dette totale à un niveau soutenable.

Le CF étant en cours d’œuvre, il est difficile de juger de son efficacité. Les critiques principales, toutefois, font référence à la lenteur des procédures qui caractérise le programme. En deux mots, en citant l’auteur, « les remises, quand elles arrivent, le font tard et souvent après de coûteuses périodes d’incertitude ». De plus, il y a un nœud à dénouer relatif à l’implication des privés qui, en raison de la non-attractivité des incitations, décident de ne pas participer.

Comment la situation va-t-elle évoluer ?

C’est clairement une question rhétorique à laquelle personne ne peut donner une réponse certaine : même les initiatives décrites jusqu’ici, qui pourtant étaient motivées par une (apparente ?) solidarité de fond, ont en partie échoué dans leur intention, témoignant de la complexité structurelle qui caractérise le système financier.

En attendant, il est possible de raisonner sur certaines solutions qui, dans l’immédiat, pourraient constituer une forme d’instrument d’autodéfense financière pour les victimes de ce système. Revenons au cas de Madagascar : ses habitants, depuis 2017, ont vu l’ariary, la monnaie locale, se dévaluer de 50%. Comment mettre un frein à l’inflation ?

Pauvreté et rôle des cryptomonnaies

Partons d’une prémisse : selon le Global Findex 2025 publié par la Banque mondiale, près d’un milliard et demi de personnes dans le monde sont unbanked, c’est-à-dire qu’elles ne possèdent pas de compte courant. En même temps, toujours selon le même rapport, 86% des adultes possèdent un téléphone portable – le pourcentage descend à 84% dans les pays LIC. Enfin, en croisant les données, 42% des adultes unbanked possèdent un smartphone.

Le point fondamental est qu’il existe une très vaste partie de la population mondiale sans accès financier qui possède cependant déjà l’infrastructure de base, à savoir un téléphone et une connexion à Internet, pour pouvoir résoudre le problème – dit en paraphrasant un proverbe, « ils ont les dents mais pas le pain ».

Un smartphone connecté à Internet, par exemple, est suffisant pour pouvoir installer un wallet et acheter, vendre, envoyer et recevoir des cryptomonnaies – et enfin utiliser les dents pour manger le pain. Mais pourquoi les cryptomonnaies pourraient-elles constituer un frein à l’inflation ? Continuons avec l’exemple de notre adoré Madagascar.

Cas 1 : King Julien XIII achète des crypto

Nous avons donc un habitant unbanked d’Antananarivo, capitale de Madagascar, qui possède seulement un smartphone sur lequel il a installé un wallet crypto. Notre habitant, que nous appellerons King Julien, en l’honneur du film Madagascar, veut convertir ses ariary en Bitcoin ou en stablecoin – comme USDC – parce qu’il en a marre de voir son capital diminuer jour après jour à cause de l’inflation. Tout d’abord, King Julien doit surmonter l’obstacle le plus grand : étant un banked, il doit trouver un moyen de digitaliser son liquide.

En Afrique Subsaharienne, du moment que beaucoup font face au même empêchement que King Julien, il existe une solution très répandue : le Mobile Money, un service financier qui permet de recevoir, envoyer et conserver de l’argent via la SIM du smartphone.

King Julien XIII, donc, se rend dans l’un des nombreux magasins de téléphonie autour d’Antananarivo, remet ses ariary cash et reçoit l’équivalent – moins une commission – sur son compte Mobile Money. Rappelons que King Julien, bien qu’il dispose d’argent numérique, est encore unbanked, c’est-à-dire dépourvu de compte courant auprès d’une banque. Pour cette raison, il ne peut pas utiliser un exchange.

King Julien choisit une autre voie et accède à une plateforme peer-to-peer (P2P) pour trouver un vendeur qui accepte son moyen de paiement. Une fois la transaction trouvée, elle a lieu : dès que le vendeur confirme avoir reçu le paiement, il débloque les Bitcoin ou les USDC – précédemment bloqués dans l’escrow, un dépôt de garantie – que la plateforme transfère ensuite au wallet crypto de l’acheteur.

King Julien, maintenant, est sûr que son capital ne se dévaluera pas comme cela s’était passé précédemment avec l’ariary. Pour dépenser l’argent, c’est-à-dire convertir Bitcoin ou USDC en ariary, il lui suffira d’effectuer le processus inverse.

Cas 2 : King Julien reçoit des crypto de l’étranger

Pour conclure, voyons un autre cas : King Julien reçoit des crypto d’un parent émigré en Italie, où, au 1er janvier 2024, la population malgache résidente est de 1 675 unités. King Julien, comme nous l’avons vu, est unbanked et ne peut pas recevoir un virement. Mais ici aussi, les crypto viennent à notre secours, avec un procédé plus rapide que dans le Cas 1.

Le parent, via Young Platform, convertit ses euros en Bitcoin ou en USDC en une seconde et les envoie au wallet de King Julien, qui pourra les reconvertir en ariary selon le procédé inverse que nous avons mentionné précédemment. Cette fois encore, King Julien a réussi à mettre en sécurité son capital face à l’inflation.

Le problème n’est pas résolu, mais King Julien vit mieux

Pour conclure, une brève réflexion : il est clair que, de cette façon, on ne résout pas le nœud de la pauvreté, qui demeure une question prioritaire sur l’agenda international. Toutefois, une solution comme celle à peine exposée peut aider grandement les habitants des pays en développement. Au moins ceux avec un téléphone.

Où investir aujourd’hui ? Les stratégies ont-elles changé ?

Où investir aujourd’hui ? Les stratégies ont-elles changé ?

Le portefeuille actuel doit tenir compte du fait que le monde a changé et, avec lui, les stratégies d’investissement. Comment bouger ?

Investir aujourd’hui signifie concevoir et construire le portefeuille d’investissement comme un instrument capable d’absorber les chocs externes sans capituler : en deux mots, il devrait être diversifié. Jusqu’il y a quelques années, il y avait certaines lignes directrices précises et partagées, prises comme référence dans le processus de planification financière. Aujourd’hui la situation a changé. Que faire ?

Pourquoi faudrait-il repenser les stratégies d’investissement ?

Le monde, au cours des 5 dernières années, a complètement changé. Depuis 2u moins –2020,nous assistons à une série d’événements qui bouleversent l’ordre établi auquel nous étions habitués.

Tout ce que nous prenions pour acquis et immuable à propos des interventions militaires, des alliances géopolitiques et des accords économiques évolue vers un nouvel ordre. Pour le dire brièvement, nous pourrions être arrivés au terme de la phase de mondialisation absolue, commencée par la dissolution de l’Union soviétique en 1991.

Les bases : d’où tout cela part-il ?

Le moment de démarrage de ce processus de changement net, nous pourrions le situer dans la période entre les années 2018 et 2022. Durant ce quinquennat, trois événements historiques ont modifié les équilibres précédemment établis : la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, la pandémie de Covid-19 et l’invasion russe de l’Ukraine.

La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine

En mars 2018, l’administration américaine, guidée justement par Donald Trump, imposa des droits de douane de 25 % sur environ 50 milliards de marchandises importées de Chine, suite à un rapport de Robert Lighthizer, Représentant au Commerce des USA, dans lequel étaient dénoncées certaines pratiques commerciales déloyales de la part de la République populaire. Celle-ci, naturellement, répondit en imposant des tarifs sur 128 produits stratégiques américains.

Cela donna le début à une guerre commerciale qui révéla les limites d’un système super connecté, peut-être trop dépendant de la manufacture chinoise : la détérioration des rapports coïncida avec la crise des chaînes d’approvisionnement. De plus, les tons de confrontation entre les deux principales puissances mondiales, qui incarnaient – et incarnent toujours – en même temps deux systèmes économiques et politiques opposés, contribuèrent à la réémergence de dynamiques de polarisation propres aux temps passés, notamment à la période de la Guerre Froide. Les chancelleries du monde revinrent à se poser une vieille question : de quel côté se ranger ? États-Unis ou Chine ?

La pandémie de Covid-19

Nous arrivons en 2020 : en février c’est l’épidémie, en juin c’est la pandémie. Le Covid-19 bloque le monde et le pape François peut marcher sur Via del Corso à Rome. Iconographies mises à part, le confinement prolongé amplifie les problèmes liés à la supply chain, apparus au cours des deux années précédentes, en plus d’immobiliser la production nationale : comme le rapporte Statista, le Produit Intérieur Brut (PIB) mondial subit une contraction de 3,4 % ou, en dollars, de 2 trillions. Évidemment, les marchés financiers encaissèrent aussi le coup : le Dow Jones (DJI) – l’indice le plus important au monde – perdit environ 35% de mi-février à mi-mars. Sur la même période, Bitcoin passa de 9 970 $ à 5 300 $, soit une diminution de 46,6 %.

Comme nous le savons, tant le PIB que les marchés récupérèrent du choc avec un rebond retentissant : de ce moment à aujourd’hui, le DJI a gagné 144%, le S&P 500 187% et Bitcoin 2 100% (pourcentage qui monte à 3 130% si nous considérons l’ATH à 126 000 $).

Les infos sur les premiers vaccins commencèrent à circuler, la panique collective se réduisit et la confiance revint à des niveaux acceptables. Mais surtout, les gouvernements du monde entier inondèrent leurs économies respectives d’une quantité infinie de liquidités et de mesures de stimulation fiscale.

En prenant en considération seulement les trois principales puissances économiques, les États-Unis ratifièrent le CARES Act de 2,2 trillions de dollars, la Chine approuva un plan de 3,6 trillions de yuans (environ 500 milliards de dollars) et l’Union Européenne mit en place une série d’interventions – les plus importantes le PEPP (Pandemic Emergency Purchase Program) et le NextGenerationEU – pour un total de près de 2 trillions de dollars. À cela, il faut ajouter les différentes mesures de politique économique visant à réduire le coût de l’argent : taux d’intérêt bas, assouplissement quantitatif et ainsi de suite.

Aujourd’hui, rien qu’aux USA, le M2 Money Stock, c’est-à-dire la quantité totale de dollars en circulation dans l’économie réelle, a atteint 22 trillions, contre 15,4 trillions en février 2020. À ce stade, un grave problème commençait à rôder dans les couloirs des banques centrales du monde entier. Un problème auquel nous, chez Young Platform, consacrons énormément de temps : l’inflation. Mais le « meilleur restait à venir ».

La Guerre russo-ukrainienne

Février 2022 : la Russie de Poutine envahit l’Ukraine ; c’est la tempête parfaite. En survolant la question humanitaire, qui, bien qu’étant centrale et très grave, n’est pas la cible de notre article, la Guerre russo-ukrainienne est considérée comme le catalyseur décisif : son éclatement coïncide avec la conclusion de cette période de paix apparente et de libre circulation des marchandises, rendue possible par la mondialisation de type américain.

Russie et Ukraine, avant la guerre, étaient des nœuds vitaux du commerce mondial. Il suffit de penser que, ensemble, les deux pays représentaient environ 30% de l’export mondial de blé et de céréales à bas coût, tandis que la Russie était l’un des principaux fournisseurs européens de gaz, en plus d’occuper une position de premier ordre dans la fourniture d’engrais à travers le monde – nécessaires à l’agriculture.

Avec la guerre, tout cela cesse d’exister. La conversion des économies russes et ukrainiennes en économies de guerre entraîne de grandes difficultés structurelles au sein des deux pays, qui ne produisent plus à l’échelle d’avant-conflit et ne parviennent pas à satisfaire la demande. De plus, les filières sont désormais politisées : si avant on achetait où c’était avantageux, maintenant on cherche à acheter chez les alliés, même à des prix plus élevés (en sanctionnant les ennemis). Enfin, l’endommagement et les blocages stratégiques des infrastructures logistiques – comme les ports ukrainiens de la mer Noire – constituent un obstacle permanent à l’accès aux ressources.

L’état actuel des choses

Certains des piliers qui rendirent possible la création d’une économie mondiale interconnectée et efficace se sont définitivement effondrés, comme la disponibilité constante de matières premières à bas coût, le transport international à des coûts dérisoires et la sécurité logistique, c’est-à-dire la certitude de recevoir des marchandises sans interruptions ni retards. En peu de mots : c’est la fin du modèle JIT (Juste-À-Temps).

Le paradigme a changé. La priorité est la sécurité des approvisionnements, non l’efficacité, comme l’indique la politisation des supply chains mentionnée peu avant. L’exemple le plus récent est la décision de la Chine de limiter l’accès aux terres rares sur une base discrétionnaire, à laquelle Trump a répondu en imposant des tarifs à 100 % : l’urgence est « rentrée » en quelques jours, mais ces tensions ont entraîné des liquidations pour des milliards de dollars.

L’inflation devient un problème persistant car systémique, aussi parce qu’elle est importée, c’est-à-dire en amont : si avant le boulanger vendait le pain à 5 parce qu’il payait les factures 2 et la farine 1, gardant pour lui un autre 1, maintenant il paie les factures 3 parce qu’il ne peut plus se prévaloir du gaz russe à bas coût, la farine 2 et il est contraint d’augmenter le prix final pour gagner 1 – nous avons approfondi le sujet après nous être demandé pour quelle raison le prix du pain augmentait d’année en année.

En Italie, par exemple, de 2004 à 2021, les prix ont cru à un rythme lent et constant : comme le rapporte Pagella Politica, en 17 ans l’augmentation a été de 28 %, avec une moyenne annuelle de 1,5 %. Seulement en 2022, en revanche, l’indice général des prix a grimpé de 11%, pour descendre à 8% en 2023 et revenir à 2% en 2024. Dit autrement, pour utiliser les mots des auteurs de la recherche, « un peu moins de la moitié de l’augmentation accumulée en vingt ans s’est donc concentrée en seulement trois ans ».

Maintenant que nous avons un cadre clair des transformations en cours et de leurs causes, il est temps de répondre à la question centrale.

Investir aujourd’hui : qu’est-il nécessaire de considérer ?

Dans le monde actuel, la variable principale à considérer lorsqu’on veut construire un portefeuille – comme nous l’avons vu – est l’inflation élevée, désormais un élément constitutif de notre système économique.

Par le passé, dans le monde des investissements, une « règle » en particulier a influencé l’art de la diversification pendant très longtemps : le célèbre portefeuille 60/40. En deux mots, celle-ci établissait que le portefeuille parfait devait être composé  à 60 % d’actions et à 40 % d’obligations.

La raison est simple : la corrélation négative entre les deux classes d’actifs. Ceci parce que, dans le « vieux monde », lors des périodes de croissance économique, les actions performaient mieux que les obligations et, au contraire, lors des périodes de récession, les obligations – ou bonds – compensaient les pertes des actions. En ce moment historique, toutefois, le portefeuille 60/40 pourrait ne plus être aussi valide.

Actions et obligations sont de plus en plus corrélées, et les secondes perdraient progressivement le statut de safe haven – refuge sûr pour préserver le capital – au profit d’autres actifs.

L’inflation, en effet, constitue un gros problème pour les obligations, pour au moins deux raisons : en premier lieu les investisseurs qui les détiennent reçoivent en échange des intérêts fixes, ou coupons, qui se révèlent inadaptés pour protéger le capital de la perte de pouvoir d’achat ; en second lieu, avec une inflation aussi enracinée, les banques centrales sont contraintes de maintenir les taux hauts provoquant, en dernière instance, une chute de la valeur des obligations.

Pour donner un exemple, prenons le TLT, un ETF qui permet aux investisseurs de s’exposer sur les titres d’état USA avec des échéances supérieures à 20 ans : depuis son lancement en 2002, jusqu’en 2020, le TLT a assez bien performé, croissant de façon lente mais constante, réalisant environ +100%, avec l’ATH justement dans la première semaine de mars 2020. Depuis ce moment, toutefois, un déclin retentissant a commencé : d’avril 2020 à aujourd’hui, cet ETF a perdu plus de 40%. Si vous aviez investi dans le TLT au jour zéro, en 2002, vous auriez gagné à peine 10 %.

Où investir l’argent aujourd’hui ?

Naturellement, avant de commencer cette section, il est nécessaire de rappeler que ce que vous lirez ici ne sont pas des conseils d’investissement, ou conseils financiers (comme dit la formule), mais seulement des considérations qui prennent pied à partir de la lecture d’avis d’experts – le disclaimer, celui précis et soigné, est en bas de l’article.

Cela dit, une analyse intéressante provient des murs de Goldman Sachs, plus précisément de la section dédiée aux analyses de marché, la Goldman Sachs Research. Dans l’étude, de manière cohérente avec ce qui a été écrit jusqu’ici, on lit qu’une stratégie d’« acceptation passive », telle que l’investissement dans des indices mondiaux (World Portfolio), pourrait ne plus être aussi efficace. Au contraire, le soi-disant Strategic Tilting, littéralement « Inclinaison Stratégique », ou la gestion quasi active de son propre portefeuille pour se sauvegarder des vulnérabilités actuelles – l’inflation en tête – pourrait être plus adapté.

Faire du Strategic Tilting, donc, signifie diversifier, mais de manière consciente. Une métaphore simple, qui nous aide à comprendre le concept, vient du domaine culinaire.

Imaginez vouloir préparer votre gâteau préféré, celui que grand-mère vous a appris tout petit quand vous rentriez de l’école. Bien, la recette de grand-mère, avec les quantités et les temps de cuisson, fonctionnait parfaitement dans le four de la maison de grand-mère. Votre four, en revanche, chauffe plus.

C’est une variable que vous devez considérer, autrement le gâteau sera totalement différent et, peut-être, brûlé. Par conséquent, vous soupesez les ingrédients de telle manière que le problème de votre four soit minimisé : des 500 grammes de farine, vous en enlevez 50 pour les remplacer par 50 autres grammes d’amidon pour adoucir.

Maintenant, la recette classique de votre grand-mère est l’indice global, qui fonctionnait parfaitement avec le vieux four (le « vieux monde »). Le four neuf, toutefois, est plus puissant – le contexte macroéconomique est différent, l’inflation est structurelle. Pour cette raison, vous avez changé les ingrédients ou, en termes financiers, géré activement – mais pas trop – vos allocations, afin que le gâteau (l’investissement) puisse performer au mieux. C’est cela le Strategic Tilting.

L’analyse, à ce sujet, décrit cinq macro-zones à considérer pour atténuer les risques.

  1. Protection contre l’inflation : le portefeuille 60/40, nous l’avons vu, peine à protéger le capital contre l’érosion inexorable de l’inflation. Pour cette raison, expliquent les experts de la section Research, il est nécessaire de le rééquilibrer en augmentant l’exposition aux actifs réels – l’immobilier, les matières premières et les ressources naturelles – ainsi qu’à l’or. À ce sujet, le Chief Information Officer de Morgan Stanley, Mike Wilson, estime que le noble métal devrait peser au moins 20 %. Avec l’espoir que d’autres crashes comme celui d’octobre ne se reproduisent pas.
  2. Protection contre la fin de la domination des États-Unis : de nouvelles puissances défient quotidiennement le leadership des États-Unis dans le monde, la Chine en tête. Pour cette raison, les actions non-américaines mériteraient une attention accrue lors de la planification d’une stratégie à moyen et long terme.
  3. Protection contre le dollar faible (Pt.1) : la cause et, en même temps, la conséquence du second point. Si les États-Unis perdaient le leadership, le dollar cesserait d’être le centre de la finance mondiale. Le discours vaut aussi à l’inverse : si la dédollarisation prenait de la force, les USA céderaient les commandes. En fonction de cela, les marchés émergents, historiquement négativement corrélés au dollar, pourraient représenter une ancre de salut.
  4. Protection contre le dollar faible (Pt.2) : pour se prémunir de ce phénomène, il est aussi suggéré de réduire l’exposition en USD et de commencer à regarder vers d’autres monnaies, comme l’euro ou le franc suisse.
  5. Protection contre la volatilité : les actions Tech américaines, qui ont un poids immense dans l’S&P 500 et dans le Nasdaq, sont très volatiles. Par exemple, les résultats trimestriels de NVIDIA ont déplacé le titre de 8% en un jour – de +5 % à -3 % en une séance. En ce sens, les actions low volatility peuvent atténuer les secousses : les utilities (entreprises qui fournissent des services d’utilité publique) et les healthcare (santé publique).

Les stratégies ont-elles changé ?

Pour répondre à la question d’ouverture : oui, les stratégies ont changé. Les nouveaux paradigmes d’investissement, pour être en phase avec l’époque, devraient insérer dans l’équation certains paramètres qui désormais ne peuvent plus être ignorés. Les écoles de pensée sont nombreuses et proposent des approches différentes. Le dénominateur commun, cependant, est unique : le portefeuille 60/40, expression maximale d’un monde désormais passé, pourrait ne plus être le remède à tous les maux.

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États-Unis, Chine et liquidations en cryptographie : que s’est-il passé ?

The US, China and crypto liquidations: what happened?

Week-end de terreur : la crainte d’une nouvelle guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine entraîne plus de 19 milliards de dollars de liquidations rien que sur le marché crypto. L’analyse

Le week-end des 10, 11 et 12 octobre a été particulièrement difficile : les États-Unis ont menacé d’imposer des droits de douane pouvant atteindre 100 % sur les importations chinoises à partir du 1er novembre. Bien sûr, une telle nouvelle a semé la panique parmi les investisseurs du monde entier et les principaux marchés financiers, traditionnels ou non, ont subi de lourdes pertes. Le monde des cryptomonnaies, en particulier, a connu la plus importante liquidation de son histoire : 19,16 milliards de dollars. Qu’est-ce qui a provoqué ce choc ? Voici l’analyse

La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine 

La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, comme on le sait, dure depuis des temps immémoriaux : les deux économies commerciales les plus puissantes du monde s’affrontent sur cette question depuis des années, alternant déclarations hostiles et « armistices » raisonnés. Cependant, ces derniers mois, les négociations ont pris un ton pour le moins acerbe

En particulier, depuis ce fatidique 2 avril, également connu sous le nom de Liberation Day, les deux parties ont intensifié leur confrontation, entre des droits de douane réciproques très élevés (jusqu’à 145 %) et des trêves dont les dates d’expiration ont été successivement reportées. Ces derniers temps, cependant, la situation semblait revenir à la normale, les États-Unis et la Chine donnant l’impression de vouloir poursuivre les négociations dans un esprit plus collaboratif. Mais Pékin a ravivé les tensions au cours de la deuxième semaine d’octobre.   

La cause déclencheuse

Jeudi 10 octobre, la République populaire a déclaré son intention d’imposer des restrictions à l’exportation des terres rares, dont elle détient pratiquement le monopole mondial : selon le CSIS (Center for Strategic and International Studies), la Chine contrôle 60 % de la production et 90 % de la transformation de ces minéraux, extrêmement stratégiques car essentiels pour les secteurs de la technologie (notamment l’intelligence artificielle), de l’énergie et de la défense. 

Pour être plus précis, le point de rupture est imputable à la décision du gouvernement de Pékin d’accorder des licences pour certains types de puces « au cas par cas ». Qu’est-ce que cela signifie ? Pour le comprendre, il faut faire un bref retour en arrière et clarifier les dynamiques liées à l’exportation des matériaux à base de terres rares. 

Comme nous l’avons écrit il y a quelques lignes, ces biens sont précieux car ils constituent des composants irremplaçables pour la fabrication de puces et de semi-conducteurs, éléments à la base du développement technologique et énergétique d’une nation. Il s’agit donc de marchandises soumises à des restrictions car étroitement liées à la sécurité nationale : en s’en privant, la Chine permettrait en fait à ses rivaux, les États-Unis en tête, d’acquérir un avantage concurrentiel dans ces secteurs par rapport à elle

Avec ces restrictions, qui devraient, en théorie, entrer en vigueur à partir du 1er décembre, l’Empire céleste entend transformer une ressource naturelle en un instrument géopolitique. De cette manière, le ministère chinois du Commerce (MOFCOM) pourra décider, au cas par cas, d’accorder ou non des licences d’exportation, en fonction d’une série de facteurs discrétionnaires, notamment : qui est l’entreprise ou l’organisme qui reçoit les matériaux ? Dans quel but ? L’exportation représente-t-elle un risque pour la sécurité nationale chinoise ? Et ainsi de suite.

La réaction des États-Unis : la goutte d’eau qui a fait déborder le vase   

À l’annonce de cette nouvelle, Donald Trump n’a pas perdu de temps et a immédiatement publié un long message enflammé sur Truth dans lequel il affirme, en substance, qu’il n’apprécie pas ce comportement. Le texte se termine par une menace à peine voilée de représailles tout aussi sévères de la part des États-Unis. Et c’est ce qui s’est produit.  

Le lendemain, vendredi 10 octobre, le président américain a écrit sur son réseau social Truth que « les États-Unis d’Amérique imposeront des droits de douane de 100 % sur les importations en provenance de Chine, en plus des droits déjà en vigueur » et que « à partir du 1er novembre, nous imposerons des contrôles à l’exportation sur tous les logiciels critiques, sans exception ».

Pour être complet, précisons qu’au moment où nous écrivons ces lignes, Trump a manifesté sa volonté de se réconcilier avec le dirigeant suprême chinois, Xi Jinping. Ce dernier, écrit le POTUS, « traversait simplement une période difficile », ajoutant ensuite : « Ne vous inquiétez pas pour la Chine, tout ira bien », car « les États-Unis veulent aider la Chine, pas lui nuire ».

Maintenant que nous avons bien compris le contexte de départ, il est temps d’examiner les chiffres et les graphiques pourtenterr de se faire une idée de ce qui a pu se passer : comment sommes-nous passés des droits de douane aux 19,16 milliards de dollars liquidés ? Voyons cela ensemble. 

Comment les marchés ont-ils réagi ?

Pour répondre à cette question, nous analyserons d’abord l’évolution spécifique du marché traditionnel et celle des principaux crypto-actifs pendant le « flash crash ». Ensuite, dans la conclusion de l’article, nous évaluerons les répercussions pratiques de l’événement et la reprise des différents crypto-actifs aujourd’hui, lundi 13 octobre.

Réaction du marché traditionnel (S&P 500)

L’influence des tensions entre les États-Unis et la Chine sur le marché traditionnel a été marginale, principalement pour des raisons temporelles.

En effet, le marché n’a pris connaissance que de l’annonce initiale : la notification par la Chine de restrictions sur les exportations de terres rares, interprétée comme une reprise potentielle des hostilités commerciales avec les États-Unis. Cette déclaration a suscité une réaction négative immédiate, entraînant une baisse d’un peu moins de 3 % par rapport aux cotations précédentes.

Le hasard (ou peut-être pas) a voulu que le marché traditionnel ferme ses portes quelques instants avant l’annonce par Trump de l’augmentation des droits de douane à 100 % sur les importations de la Chine. Cela a en fait éliminé la deuxième vague baissière, plus violente, qui, comme nous le verrons dans la section sur les cryptomonnaies, a durement touché les actifs numériques.

Réaction du marché des cryptomonnaies (BTC)

L’optimisme croissant du début du mois d’octobre, combiné à la fermeture du marché traditionnel qui a concentré l’attention et les liquidités sur les actifs numériques, a créé le contexte idéal pour une correction violente. L’excès de positions à effet de levier ouvertes ces derniers jours a déclenché l’un des flash crashes les plus importants de l’histoire du marché des cryptomonnaies.

L’ampleur de cette correction a été mesurée en termes de liquidations. Rien que vendredi, comme nous l’avons anticipé, le montant des positions liquidées a été estimé à environ 19 milliards de dollars.

En ce qui concerne le Bitcoin (BTC), l’effondrement s’est produit en deux phases distinctes, suivant l’escalade géopolitique :

  1. Premier impact (Chine) : au moment de l’annonce des restrictions sur les terres rares par la Chine, le BTC a subi une perte initiale d’environ 5 %, puis est tombé à 116 000 dollars.
  2. Deuxième impact (Trump) : au plus fort du conflit, le Bitcoin a perdu 11 % supplémentaires après l’annonce par Trump de droits de douane de 100 %, atteignant un minimum de 103 084 dollars.

Ce crash a entraîné une perte totale de plus de 15 % pour le Bitcoin, amplifiée principalement par les liquidations massives enregistrées sur les bourses telles que Hyperliquid et Binance.

Réaction du marché des cryptomonnaies (ETH)

En ce qui concerne l’Ethereum (ETH), nous observons que, comme c’est souvent le cas en période d’extrême volatilité, sa dynamique a suivi celle du Bitcoin, mais avec un effet de levier légèrement supérieur en pourcentage.

Pour l’ETH également, le crash s’est déroulé en deux phases baissières distinctes, qui ont respectivement enregistré :

  1. Premier impact (Chine) : une baisse d’environ 7 %, amenant l’ETH à interagir avec le support à 4 000
  2. Deuxième impact (Trump) : l’escalade du conflit a provoqué la rupture décisive du support à 4 000 dollars, déclenchant une nouvelle baisse de 15 % qui a poussé le prix jusqu’à un minimum de 3 439 dollars.

Avec une perte totale supérieure à 21 %, Ethereum s’est montré plus sensible lors du flash crash, ce qui reflète sa caractéristique d’actif à volatilité intrinsèque plus élevée que celle du Bitcoin.

Le rebond du marché (reprise en V) 

Malgré le nombre colossal de liquidations et les performances négatives enregistrées vendredi, le marché a connu une reprise rapide et vigoureuse quelques minutes seulement après la fin de la vague de liquidations, confirmant un « rebond en V » classique.

  • Bitcoin (BTC) : après avoir atteint un minimum de 103 084 dollars, le BTC s’est négocié dans les heures qui ont suivi à environ 115 019 dollars, réalisant une reprise de plus de 11 % en quelques heures.
  • Ethereum (ETH) : après avoir perdu plus de 21 % lors du flash crash, l’ETH s’est à nouveau négocié au-dessus du seuil psychologique des 4 000 dollars. Plus précisément, le prix a atteint 4 157 dollars, soit une reprise d’environ 20 % par rapport aux niveaux minimaux atteints vendredi.

Ces reprises rapides et significatives nous confirment que, bien que le marché des cryptomonnaies soit en train de se formaliser, sa nature de marché libre de certaines réglementations et caractérisé par un niveau très élevé d’effet de levier le rend encore extrêmement vulnérable aux mouvements importants et aux manipulations potentielles du marché.

Pour conclure, une réflexion : comme le montre le rebond exceptionnel de ces dernières heures, ces chocs ne semblent pas altérer les fondamentaux solides à long terme de ce secteur, qui continue de faire preuve d’une résilience structurelle remarquable.Ce discours s’applique particulièrement au Bitcoin. Pour comprendre pourquoi, il suffit de comparer cet événement au dernier choc notable, le Covid Crash : le 12 mars 2020, le Bitcoin a chuté de 40 % en une seule journée.